Ce weekend, nous avons eu des vacanciers à la maison et avons décidé de les amener visiter Ganvié.
Notre plaisir était de leur faire à découvrir notre « Venise » Béninoise et surtout de montrer à ces
enfants Béninois vivant ailleurs, qu’ils avaient eux aussi de quoi être fiers dans leur pays.

C’est donc avec cette excitation que nous sommes arrivés à l’embarcadère de Kpota à Abomey Calavi.

Mais elle fut de très courte durée quand nous sommes tombés juste à l’entrée du parking de l’embarcadère sur ce grand dépotoir à ciel ouvert devant lequel étaient assises tranquillement les vendeuses dont les enfants s’amusaient sans gêne dans les eaux qui y ruisselaient.

Première interrogation de Ama : “Tata, tu es sûre que tu ne t’es pas trompée d’accès ?”.

Ne voulant pas perdre face devant cette scène horrible, nous avançâmes rapidement vers Benjamin, un des guides que j’utilise souvent chaque fois que j’amène des invités.

Pour 15.100 CFA la visite pour un adulte et 3 enfants, nous avons eu une barque motorisée couverte contre les ardeurs du soleil ou de la pluie et nous nous empressâmes d’aller d’y accéder.
Mais là, aussi le spectacle était des plus désolant.

Les barques étaient parquées sur des immondices où jonchaient toutes sortes de déchets dont les plus visibles étaient les déchets plastiques.

La scène était simplement horrifiante…Je n’osais pas croire qu’on puisse laisser l’accès d’un de nos beaux sites touristiques dans cet état de désordre.

Que les populations polluent elles-mêmes le lac qui est une source de revenus pour eux est un l’exemple concret de comment nous sommes tombés bas.

Mais ce qui me rend furieuse est surtout l’incapacité des autorités locales à assainir et maintenir l’ordre dans cet environnement qui est pour moi, une vitrine de notre pays.

Comment pourrait-on vendre la beauté de Ganvié avec un accès aussi immonde ?

A cet embarcadère, se côtoient touristes et populations locales qui subissent avec désarroi ce spectacle désolant qu’offre cette berge.

Benjamin, notre guide, me raconta comment la semaine dernière, certains touristes ont décidé tout simplement de ne plus poursuivre la visite de Ganvié, à la vue de cette horreur.
Et ce malgré ces nombreux arguments de la beauté de Ganvié situé juste à huit kilomètres de là.

Sans se voiler la face, l’embarcadère de Ganvié situé à Calavi est une zone sale, fortement polluée.

En visitant Ganvié, nous sommes aussi tombés sur des scènes où les déchets étaient jetés directement dans le lac.

Probablement faute à une gestion effective des déchets, les riverains n’ont trouvé rien de mieux que de faire de ce lac ce qu’ils voulaient.

Sans vouloir rentrer dans les polémiques, il urge aujourd’hui que les responsabilités soient prises à tous les niveaux.

Même si Ganvié fait partie des grands projets phares de développement du tourisme du Bénin, l’urgence aujourd’hui est de vite déblayer ces ordures, de sensibiliser les populations et de veiller à ce que ce lieu soit maintenu propre et digne.

Malgré la beauté de notre visite d’une heure et demie, les images de déchets sont malheureusement celles retenues par les enfants à qui je voulais donner un sens de fierté de leurs pays.

Comment voulons-nous que nos enfants grandissent la tête haute avec cette fierté de se dire qu’ils ont un beau pays et de s’en approprier plus tard adultes, quand tout autour d’eux les conduit vers le contraire ?

Comment voulons-nous que les touristes nous respectent quand nous leur présentons ces images négatives de nous-mêmes ?

Autant de questions qu’il faille se poser. Mais au-delà, faisons quelque chose aujourd’hui.

Levons-nous tous ensemble pour agir.

Cela va de notre dignité de Béninois. On peut être pauvres et propres.

Les deux ne sont pas antagonistes. Assainissons notre environnement.

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