Enfin une expérience positive dans un hôpital public au Bénin

Je dois avouer que comme probablement beaucoup d’entre vous, j’ai une peur bleue de me retrouver dans un hôpital au Bénin.

Je prie Dieu au quotidien pour qu’il épargne ma famille de simples égratignure qui pourraient nous obliger à nous rendre dans un centre de santé chez moi au Bénin.

Des anecdotes du service catastrophique dans nos hôpitaux sont malheureusement légions.

D’ailleurs, j’ai écrit une chronique il y a vingt mois sur mon expérience à l’hôpital de zone de Calavi…dont le choc psychologique est demeuré. (Voir mon article sur Linkedin en octobre 2017)

Et pourtant, il y a quelques jours, j’ai eu à gérer un accident. L’effusion du sang sur le sol m’a presque paralysée.

Et pourtant, il fallait trouver rapidement de bons réflexes parce qu’en plus, nous étions loin de Cotonou ; logiquement loin de toute infrastructure sanitaire offrant une bonne prise en charge.

Et dans la panique totale, le premier geste fut d’appeler le 118 pour une ambulance.

Malheureusement, le réseau téléphonique ne marchait pas. Et on était juste à 40 km de Cotonou.

Sorti des grandes agglomérations, le réseau téléphonique est souvent une denrée aléatoire. Et pourtant les deux grands opérateurs prétendent offrir une couverture nationale…

A 23h, avec l’aide du voisinage, nous avons pris la voiture avec à bord le blessé en direction de l’hôpital le plus proche indiqué, Allada. Le trajet sur cette route sans éclairage, avec des camions en panne garés en plein milieu de la chaussée et sans signalisation, fut des plus stressants.

A noter qu’une fois à Allada, l’indication de l’hôpital n’était pas des plus parfaite. D’ailleurs nous avons raté la ruelle y menant faute de panneau de d’indication.

Enfin arrivés au portail de l’hôpital, quel contraste avec le trajet difficile et stressant. Un très joli hôpital, flambant neuf qui a l’air de ne pas être à sa place dans ce village près d’Allada. Est-ce un rêve cet hôpital de zone de Allada, Toffo et Zè?

Accueillis par une équipe jeune, dynamique, responsable aux urgences, le blessé a été rapidement pris en charge.

Ce n’est qu’après les premiers soins administrés et la maîtrise de la situation par l’équipe soignante qu’on nous a demandé d’aller à la caisse et d’aller récupérer aussi les produits pharmaceutiques à la pharmacie dans l’hôpital.

Et même là, tous les produits achetés ont été mis dans un carton recyclé pour éviter les sachets plastiques au sein de cet hôpital.

Bref, deux heures et demie après notre arrivée aux urgences, nous sommes rentrés nous coucher parce que rassuré que le blessé bénéficiait d’une bonne prise en charge.

J’étais certes angoissée, fatiguée, mes nerfs toujours à vif mais rassurée et extrêmement optimiste vis-à-vis de notre pays.

Notre pays a beaucoup de problèmes ou plutôt des priorités, je le concède. Nous venons de très loin et nous sommes très loin d’avoir un minimum de qualité dans le service public.

Mais autant, nous exigeons un bon service, autant, nous devons reconnaître là où des efforts sont faits ainsi que ceux qui y contribuent au quotidien.

Dire que j’ai été subjuguée par la qualité des services dans cet hôpital serait juste un euphémisme.

Bravo à l’ensemble du personnel de cet hôpital qui j’espère aura à cœur le maintien de cette infrastructure bénéfique pour nous tous.

J’espère aussi que nos autorités pourront étendre à court terme ce type d’hôpital avec ce niveau de service sur toute l’étendue du territoire nationale. Nous en avons besoin.

Le chemin sera long certes mais nous allons y arriver si chacun joue sa partition.

Sandra IDOSSOU

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